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31/01/2011

Pierre Stasse, l'imperfection talentueuse

Ci-dessous, la rencontre avec l'auteur. Là: le questionnaire sur le livre.

Pierre Stasse pourrait être arrogant. C'est certainement la thèse accréditée quand on voit ce jeune homme de 24 ans au vague air de Florian Zeller. C'est probablement aussi ce que l'on imagine, lorsque l'on sait que ses parents se sont rencontrés à l'Elysée, quand l'une était l'attachée de presse de François Mitterrand, et que l'autre était son conseiller économique. Attablé au café des Editeurs, dans le 6e arrondissement, il est dans son élément.

Son attitude pourtant, dément l'arrogance. Bonnet gris enfoncé sur la tête, il parle bas et boit son thé. Il reçoit des textos, des demandes d'interviews. Entre ça et l'école du barreau qu'il fait pour devenir avocat, son emploi du temps transpire. «Depuis que je suis rentré de vacances, c'est l'effervescence». Il s'apprête à dire que c'est bon signe mais se ravise et touche du bois.

Se regarder écrire

Son premier roman, Les Restes de Jean-Jacques, pouvait aussi jeter un soupçon d'arrogance: des phrases trop alambiquées, et une intrigue trop évanescente. Mais il confesse: «Je crois que j'ai perdu ce truc de «se regarder écrire». De nouveau, il touche du bois.

Hôtel Argentina est l'histoire d'un voyage. C'est le voyage en Argentine de Simon Koëtels, qui a besoin d'échapper à la morosité de sa vie d'adulte naissant. Le début est un peu lent. (Ne pas oublier les droits imprescriptibles du lecteur, parmi lesquels celui de sauter des pages). Et puis le jeune homme découvre Buenos Aires. Dans une ville mi-réelle (les noms des rues, des quartiers, les quelques repères historiques le soulignent) mi-rêvée, il s'installe dans un hôtel tenu par un frère et une sœur, Natacha et Estban Menger, qui font de lui un hôte de première importance.

La découverte de cet hôtel a quelque chose de la découverte du grand Meaulnes, s'introduisant dans un château mystérieux, dans le roman d'Alain-Fournier. Elle a aussi quelque chose du réalisme magique de la littérature latino-américaine. Simon Koettels s'enfonce dans une famille compliquée. Les chambres de l'hôtel ne sont pas innocemment décorées de Picasso.

Pierre Stasse parvient à inventer un voyage moderne en périple d'un autre temps. On en vient presque à croire que le narrateur est allé à Buenos Aires en paquebot. Le roman a les travers de cette nostalgie (des phrases parfois trop longues, ampoulées - dont on se demande si l'auteur lui-même sait bien ce qu'elles veulent dire). Mais ses qualités aussi, immenses, oniriques. «Je me moque de la perfection» - c'est le personnage d'Esteban Menger qui le dit.

LA B.O. DU LIVRE

Commentaires

Onirique, c'est une qualité?

Écrit par : Fodio | 16/02/2011

Je vais partager ca sur sur mon fofo

Écrit par : pneus | 06/08/2014

Les commentaires sont fermés.

 
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