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04/09/2011

La légitimité de la souffrance

pingeot.jpgC’est l’histoire d’un garçon traumatisé par la Shoah. Mais il est né bien après la Shoah, et il n’est pas juif. Seulement un soir, il est tombé sur Nuit et Brouillard à la télévision. Ses parents n’étaient pas là, la baby-sitter australienne était au téléphone, et il est resté seul, devant les squelettes et les fosses, et il a vu l’inhumanité dont l’humanité était capable. Il n’a pas réussi à continuer à vivre ensuite. Comment reste-t-on homme, quand être homme signifie pouvoir infliger, ou subir la Shoah?


Mazarine Pingeot raconte dans Pour Mémoire, un très court, très juste, très nécessaire roman,  le traumatisme de l’Holocauste pour ceux qui ne l’ont pas vécu, ceux dont la souffrance n’est pas «légitimée» par leur histoire personnelle.

Le droit de souffrir

«Tu n’es pas juif. Tu n’es pas un déporté. Tu n’es pas un rescapé. Tu es illégitime et tu en as conscience.
Alors, de quoi te mêles-tu? (…) De quel droit fonds-tu ton histoire à la leur ? Est-ce par arrogance que tu désires la faire tienne, cette souffrance qui écrase l’humanité entière en même temps que toi-même?» Le petit personnage de Mazarine Pingeot s’interroge et tombe dans l’anorexie mentale.

Il veut comprendre ce que les déportés ont vécu. Il veut comprendre la faim, l’aliénation du corps. Il ne s’alimente plus il ne peut plus marcher. Il veut répondre à la question qui brûle la génération d’après. Celle qui n’a pas idée de la souffrance de la Deuxième Guerre mondiale, celle dont les parents même sont nés après. Mais celle sur laquelle le traumatisme pèse néanmoins. C’était comment?

La souffrance raisonnable

A-t-on même le droit de souffrir après la souffrance ultime que la Shoah a infligé à l’humanité? A-t-on le droit de souffrir alors qu’aucun des membres de sa famille n’a jamais été déporté, et que l’on n’est même pas juif?

Mazarine Pingeot écrit ce que la génération de l’«après» vit avec douleur et culpabilité. «Tu aurais des raisons valables de souffrir (…) assurément on t’aurait pris dans les bras, on t’aurait aimé. Mais on te délaisse car tu n’as aucune raison apparente de souffrir».

Crime contre l’humanité

La génération de l’après vit ainsi sans s’arroger le droit de dire qu’un peu d’elle-même a disparu aussi dans les camps. Que l’horreur ne disparaît pas avec les déportés. Cela implique que la douleur n’est pas du tout terminée. Cela implique aussi que le devoir de mémoire est encore sauf.

Le narrateur dit: «Est-ce que ça ne s’appelle pas un crime contre l’humanité? Vous êtes concerné, je suis concerné, ils sont tous concernés même s’ils ne le savent pas».

 

Pour Mémoire, Mazarine Pingeot, Julliard. (96 pages)

Commentaires

tiens, elle est en perte de vitesse et essaie de faire parler d'elle en tombant dans la complaisance.

Écrit par : deslandes | 04/09/2011

quand on a eu un père décoré de la francisque des mains de Petain il est mal venu de parler de la shoah

Écrit par : lalorgnette | 04/09/2011

lalorgnette, commentaire digne d'un pauvre crétin

Écrit par : saxopipo | 04/09/2011

Quand on semble incapable de déterminer le vrai sujet d'un livre que de toute manière on ne lira jamais, il est malvenu de la ramener.

Écrit par : clocks | 04/09/2011

Je comprends tout à fait cette souffrance, ce traumatisme. Moi même, quand j'étais enfant, j'avais regardé la Guerre des Étoiles et j'ai été traumatisé par les souffrances du peuple Ewok. Pourtant, je ne serai pas né lorsque cela arrivera (à supposer que l'histoire se passe dans le futur), je ne suis même pas Ewok moi même. Mais la vue de ces peluches entassé, tués par les soldats de l'Empire ont traumatisé mes nuits d'enfants.

Après, je me souviens avoir vu les Bidasses en folie, j'ai oublié un instant la souffrance des Ewok ... j'en ai encore honte aujourd'hui.

Écrit par : Stephane | 04/09/2011

incroyable cest mauvaise langue et si elle etait sincere et justement voulais se racheter

Écrit par : tof58 | 04/09/2011

Je trouve, personnellement, que Mazarine Pingeot serait bien mieux inspirée d'enseigner aux enfants le langage de l'amour plutôt que de les inviter, comme elle semble le faire dans son livre, à se complaire dans cette évocation si traumatisante de l'ignoble.
Antoine GED

Écrit par : Antoine GED | 04/09/2011

Se racheter de quoi ? Les Ewoks vs la shoah ?? Complaisance ? Vitesse ????

C'est quand même effarant, le nombre de pauvres d'esprits, incapable de la moindre idée personnelle ou de la moindre créativité, incapables d'écrire autre chose qu'un commentaire et qui se permet l'insulte et le mépris à l'égard de tout ce qui dépasse.

Comme disait je ne sais plus qui, "si on te rabaisse, c'est parce que tu es plus haut que les autres".

Ceci dit, effectivement, le constat de sa propre médiocrité doit provoquer des aigreurs insupportables, qui, je suppose, ne doivent trouver à s'exprimer que par ce biais. Le déversement d'un trop plein de bile en quelque sorte. De ce point de vue là, on peut éventuellement considérer que ces commentaires affligeants sont légitimes. Comme vous devez souffrir !
À condition de faire preuve d'une empathie à la limite du maladif, quand même.

Ce qui n'est pas mon cas, tas de minables !
Moi, je commente les commentaires, Urrrghhh !

Écrit par : alx2casa | 04/09/2011

Encore une bouses pour nos élites intellectuels...

Écrit par : etcetera | 04/09/2011

Il est bien dommage que certains critiquent Mazarine PINGEOT en l'écriture de ce livre!

C'est peut être que ces gens là, ne sont pas touchés par l'horreur et les pratiques criminelels, indignes
de nos semblables.
Egalement d'en retirer un sentiment de culpabilité inconsciente qui nous obsède.

Je suis excatement comme ce petit garçon...
A la seule différence que ma mère d'origine polonaise non juive, avait été embarquée à l'âge de 13 ans
dans les camps en Allemagne pour y travailler.

Les horreurs elle les a vues, elle les entendait... Elle est sortie de là, à 19 ans !
Elle n'a pas eu de jeunesse... mais ce n'était pas une exception à l'époque!

Ma mère a rencontré mon père dans ce camp.
Ils se sont mariés, elle est venue s'installer en France et n'a jamais revu ses parents.

Ma mère parlait asse peu de ces horreurs, mais d'une manière indirecte, nous avions compris.
Plus tard, au lycée et ensuite encore plus tard, les lectures , les films...

Je suis incapable de regarder la liste de SHINDLER, et je tiens difficilement devant la "SHOAH"

J'ai l'impression de faire partie des auteurs de ces "génocides", du laisser faire...
C'est valable pour les juifs exterminés, les génocides africains méconnus de la part des Allemands aussi,
des génocides arméniens...

J'aurai beaucoup apprécié de connaître les raisons de Mazarine PINGEOT, qui l'ont poussée à écrire sur ce thème ...

Écrit par : ALNET | 05/09/2011

Si elle ne s'appelait pas Pingeot fille de Mitterrand son livre serait passé au panier sans autre forme de procès.........Si elle avait au moment de son écriture, derrière la tête, son histoire personnelle, pauvre petite fille cachée d'un machiavel qui a élevé une famille parallèle aux frais du contribuable, en se posant maintenant la question de sa légitimité, le procédé de collage de son enfance "cachée" dans les ors des appartements la république du quai Branly et de la résidence présidentielle de Souzy la Briche, à comparer avec le ressenti des descendants de la shoa est particulièrement misérable.

Écrit par : En passant.... | 05/09/2011

- Une de vos phrases suggère presque une théorie raciale de la souffrance.

Écrit par : Bardamor | 08/09/2011

Je trouve que la plupart de vos commentaires assez malveillants sont inspirés par le fait que Mazarine est la fille de François Mittérand, président de la République Française et un homme d'une haute culture, à la conversation brillante, un puits de connaissance, fin connaisseur de philosophie et d'un machiavélisme admirable.
Je n'ai pas lu ce livre et certainement, je ne le lirai pas, trop difficile, vu la souffrance permanente d'un côté des Juifs, de l'autre côté, des Palestiniens.
Et puis, au moins elle, elle n'a pas fait un roman ou une nouvelle autobiographique comme quasiment tous les écrivains cette année. A croire, que leur source d'inspiration a tari. Et oui, tout le monde n'est pas Hugo, Balzac, Loti, Dumas. Petite cueillette, cette année.

Écrit par : naguima | 17/10/2011

Je trouve que la plupart de vos commentaires assez malveillants sont inspirés par le fait que Mazarine est la fille de François Mittérand, président de la République Française et un homme d'une haute culture, à la conversation brillante, un puits de connaissance, fin connaisseur de philosophie et d'un machiavélisme admirable.
Je n'ai pas lu ce livre et certainement, je ne le lirai pas, trop difficile, vu la souffrance permanente d'un côté des Juifs, de l'autre côté, des Palestiniens.
Et puis, au moins elle, elle n'a pas fait un roman ou une nouvelle autobiographique comme quasiment tous les écrivains cette année. A croire, que leur source d'inspiration a tari. Et oui, tout le monde n'est pas Hugo, Balzac, Loti, Dumas. Petite cueillette, cette année.

Écrit par : naguima | 17/10/2011

La Shoah est une des formes de crimes de l'humanité la plus sanglante. Dans son ouvrage, Mazarine Pingeot retrace en détails les souffrances endurées par les juifs. La génocide et la déportation ont pour seul but d'exterminer une race de population. Pourquoi? Parce qu'elles ne méritent pas de vivre et de jouir de leurs droits?

Écrit par : carine | 23/03/2012

La souffrance et la violence dans le monde entier persiste que ce soit la génocide, la déportation ou la Shoah. Ces actes marquent à jamais la vie des survivants si survivant il y a. La crime contre l'humanité est toujours présente. Pourquoi? A cause de la hiérarchie entre telle ou telle race. Ce livre de Mazarine Pingeot témoigne de cette atrocité à l'égard de l'humanité.

Écrit par : pascal | 26/03/2012

Les commentaires sont fermés.

 
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