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30/12/2011

Hollywood ne peut pas se passer de littérature

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Si vous voulez vous tenir prêts pour vos mondanités 2012, pour pouvoir clamer en soirées «hum, le film, non pas terrible, le livre était teeeellement mieux» (c'est rarement dans le sens inverse), vous avez de pain sur la planche. Pléthore de films attendus pour l'année prochaine ont derrière eux un romancier. 

Côté stars, on verra Sandra Bullock et Tom Hanks dans Extrêmement fort et incroyablement près, adapté du très beau roman du même titre, de Jonathan Safran Foer, l'un des premiers romans post-11 Septembre. David Cronenberg s'empare du roman de Don DeLillo, Cosmopolis, pour y glisser Paul Giamatti, Robert Pattinson et Juliette Binoche. (En espérant que DeLillo l'inspire plus que la psychanalyse...). Daniel Craig sera à l'affiche du Millenium de David Fincher - avec Christopher Plummer et  Rooney Mara en Lisbeth Salander. Et George Clooney sera à l'affiche du principal concurrent de The Artist pour les Osars, The Descendants, adapté du roman hawaïen de Kaui Hart Hemmings. Le film, comme le roman qui sort le 4 janvier en France (chez Jacqueline Chambon), raconte la façon dont la vie d'un homme alors que sa femme est dans le coma.

 

Côté films pour les (plus ou moins) jeunes, les frères Grimm ont la côte. Une adaptation d'Hansel et Grettel et deux de Blanche-Neige vont sortir. Ce sera difficile de les départager: d'un côté Julia Roberts dans Mirror Mirror, de l'autre Charlize Theron et Kristen Stewart dans Blanche Neige et le Chasseur. Autre conte, anglais cette fois-ci, Jack le tueur de géants. L'histoire d'un jeune homme qui s'appelle Jack. Et qui tue des géants. L'adaptation est signée Bryan Singer (Usual Suspects, X-Men...), avec Nicolas Hoult.

Plus récent, le livre de science-fiction jeunesse Hunger Games de Suzanne Collins, fera aussi l'objet d'une adaptation. 

 

Les Français ne sont pas en reste puisque les écrans accueilleront L'Amour dure trois ans (tiré du roman de Frédéric Beigbeder, chez Grasset) ou Bye Bye Blondie (tiré du roman de Virginie Despentes, chez Grasset aussi). 

(Oui je sais, Hollywood c'est pas en France. Mais il me fallait un titre).

23/12/2011

Si j'étais copine avec Eva, François et Nicolas

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23 décembre. Si comme d'autres vous êtes au bureau, mais que vous avez eu un déjeuner de Noël, que pour des raisons incompréhensibles vous avez décidé de boire le mauvais vin rouge qui était sorti avec les tucs et les rillettes, votre esprit divague. Vous avez bu beaucoup de vin rouge. Et votre esprit divague donc autant. 

Allez savoir pourquoi, vous vous dites que les cadeaux pour Papa et Maman c'est bon, pour Pauline et Jérémie, c'est réglé. Reste à trouver un chien pour François K, mais on se débrouillera. Mais les politiques, hein? Ils n'ont pas eu le temps de faire de liste, occupés qu'ils sont à parfaire leur accent, à inventer des programmes, à expulser les étudiants immigrés. Pas de cadeau pour eux donc? Pour leurs proches qui voudraient les aider, petite liste. 

Pour François Hollande

François, toi qui voudrais qu’en 2012, les Français élisent un candidat normal, demande au Père Noël le premier tome des Œuvres Complètes de Canguilhem, qui paraît chez Vrin. Ce sont tous les textes écrits par le philosophe et scientifique de 1926 à 1939. Soit avant qu’il ne soutienne en 1943, sa thèse de médecine intitulée «Essai sur quelques problèmes concernant le normal et le pathologique» qui deviendra en 66 Le Normal et le Pathologique. Dedans, Canguilhem explique que «le normal, c’est à la fois l’extension et l’exhibition de la norme. Il multiplie la règle en même temps qu’il l’indique. Il requiert donc hors de lui, à côté de lui, et contre lui, tout ce qui lui échappe encore. Une norme tire son sens, sa fonction, et sa valeur, du fait de l’existence en dehors d’elle de ce qui ne répond pas à l’exigence qu’elle sert.» Canguilhem explique que tout ce que la norme n’inclut pas, elle l’exclut, que tout ce qui n’est pas normal est nécessairement anormal - qu’il peut donc s’agir de porter un jugement d’exclusion. Que, cher François, tu ferais bien de faire gaffe aux mots que tu emploies. Mais en attendant d’arriver à ce tome-là, tu peux lire le premier. Il paraît que tu ne lis pas de roman, tu l'as dit ici. Donc on a choisi un truc à ta mesure.

000989999.jpgPour Eva Joly

J'aurais pu choisir un cadeau xénophobe, genre un dictionnaire, mais la xénophobie, je trouve ça so 2007. Tu devrais simplement demander le dernier roman de Jonathan Franzen, Freedom. Jonathan Franzen est un amoureux des oiseaux, ce qui l'a fait s'intéresser de près à la Nature et à l'état du monde dans lequel on vit. C'est une préoccupation pour toi ça non? Il a bien essayé de ne pas s'y intéresser. Il l'a expliqué dans un article du New York Times. «Je suis tombée amoureuse des oiseaux. Non sans une résistance importante, parce qu'être un ornithologue amateur manque vraiment de coolitude (...). Mais petit à petit, en dépit de moi-même, j'ai développé cette passion». Dans Freedom, Franzen met donc en scène des environnementalistes en qui se demandent comment servir leur cause, communiquer, comment créer un monde meilleur. Et éventuellement comment ne pas sacrifier les humains au passage. Mais surtout, Eva, c'est un roman d'amour et d'amitiés magnifiques, un «roman-monde» qui va te faire oublier deux secondes la vraie vie. Et tu en as bien besoin en ce moment non?

Pour Nicolas Sarkozy

Cher président, tu as droit à deux cadeaux. C'est normal, il faut bien qu'être président serve à quelque chose. 

Le premier, c'est le livre de Philippe Pozzo di Borgo, l'auteur de l'histoire vraie qui a inspiré le film d'Intouchables. Comme tu es fan, je me suis dit... 

Mais il paraît que tu es devenu un grand lecteur, un seul livre ne te suffira pas. Il paraît que tu intimes tes ministres de te jeter sur Limonov, que tu adules Céline. Finalement, cette histoire de Princesse de Clèves, c'était un grand malentendu? J'ai une vague crainte parfois, je me demande si tu sais pourquoi lire. Je veux dire, est-ce que par hasard ce serait seulement pour changer ton image, et te faire réélire?

Dans le doute, tu devrais te faire offrir Pourquoi lire de Charles Dantzig, paru en poche en novembre. Dantzig y écrit qu'on «on lit pour comprendre le monde, on lit pour se comprendre soi-même. Si on est un peu généreux, il arrive qu'on lise aussi pour comprendre l'auteur. Je crois que cela n'arrive qu'aux plus grands lecteurs, une fois qu'ils ont assouvi les deux premiers besoins, la compréhension du monde et la compréhension d'eux-mêmes. Lire fait chanter les momies, mais on ne lit pas pour cela. On ne lit pas pour le livre, on lit pour soi». Il aurait autant pu écrire «On ne lit pas pour l'image, on lit pour soi.»

Bonus pour Georges Tron

Georges, j'espère que tous tes amis n'auront pas la même idée... Mais il se trouve que Jean-Marie Le Clézio a publié cet automne Histoire du Pied et autres fantaisies. Et en plus ce livre, recueil de nouvelles, raconte des histoire de femmes. Tu peux être fier, c'est presque comme si un Nobel de littérature avait écrit un livre rien que pour toi.

(Image Flickr/Shuttertacks)

20/12/2011

Noël: des cadeaux pour les copains

Dans quelques jours c’est Noël, et non, vous n’avez pas encore acheté tous vos cadeaux- je le sais, ne niez pas.

Pour les achats sur Internet, c’est à peu près foutu, vous ne serez pas livré à temps. Restent les livres. Vous savez, ces trucs en papier qui vont bientôt disparaître, pour renaître sous une autre forme. C’est peut-être la dernière fois qu’en offrant un objet en papier, vous n’offrez pas encore un objet vintage. Mais mieux encore, ça fait double emploi: lecture aujourd’hui, et déco demain. Si ça c’est pas une bonne nouvelle. 

Donc vous pouvez foncer, le livre en papier, c’est le parfait cadeau pour 2011.

Liste non exhaustive du tout

Les dingues de faits div’

Si vous avez une copine qui s’appelle Florence, et qui adoooore les faits divers, qui dans sa jeunesse, allait s’installer sur les bancs des Assises pour assister aux procès, et dont les yeux s’illuminent quand on apprend que, méga surprise, un monsieur a exécuté sa famille dans une charmante ville BCBG, et qu’il l’a (mal) cachée sous les graviers, vous pouvez lui offrir Histoire de la Crim, (parue chez J-C Gawsewitch). Le titre n’est pas fourbe: c’est un livre qui retrace l’histoire de la Brigade la plus ancienne de France, avec beaucoup d’archives jamais montrées au public jusqu’à aujourd’hui. Et votre amie Florence se délectera en retrouvant ses copains Guy (Bonneau ou Georges). Si en plus elle est cinéphile, elle se souviendra de la réplique de Jouvet dans Quai des Orfèvres «C'est la Crim', c'est ce qui se fait de mieux» et elle appréciera votre cadeau.

PS: Vous pouvez aussi offrir à Florence Caïds Story grand livre plein de portraits de mecs sympas, des criminels de tout le siècle dernier. Le pendant du super documentaire passé sur Planète en novembre, et publié aux éditions de La manufacture du livre.

Les dingues de Paris


51y7XG%2BDaiL.jpegSi vous avez un copain qui s’appelle François, et qui est obsédé par l’histoire de Paris, au point d’acheter tous les livres qui paraissent sur la capitale, surtout ne lui rachetez pas une édition de Métronome, il l’a déjà, juré. En revanche, vient de paraître Paris détruit, qui a de fortes chances de lui apprendre des choses qu’il ne sait pas déjà. Ce livre de l’architecte et urbaniste Pierre Pinon explore les vandalismes que Paris a subi. Non pas les destructions des guerres, de l’Histoire, mais celle des pioches des démolisseurs délibérés, poussés par les pouvoirs politiques. Se soumettre aux spéculations immobilières ou assouvir le besoin de destructions symboliques, comme la Bastille: c’est ce que montre et raconte Pierre Pinon. (Paris Détruit est paru chez Parigramme, maison que François connaît forcément puisqu’il est amateur des livres sur Paris, et que c’est la marque de fabrique de la maison)

PS: Vous pouvez aussi acheter à François Paris Versus New York, ce qui lui rappellera qu'il y a quand même des villes plus cool que Paris, mais ce n'est pas dit qu'il vous croie. 

Les fous de Nature

Parce que oui, il y a des gens assez dingues pour aimer la nature, la végétation, les paysages sans béton, tout ça, si vous avez une amie qui s’appelle Maud et qui trouve que passer un mois dans la Pampa et les glaciers argentins c’est chouette, vous pouvez lui offrir Jack London, photographe. Pas tant parce que ce sont des photos de Pampa (pas du tout), mais parce qu’elle a sans doute aimé, dans son enfance, L’Appel de la Forêt, ou surtout Michael Chien de Cirque. (Michael, fox-terrier trop stylé, celui qui fait que j'ai voulu avoir un chien, et que mes parents ont jamais voulu parce qu'un chien faut tout le temps lui donner à manger et le sortir, ce à quoi j'ai dit les enfants aussi, ce à quoi ils n'avaient pas répondu). Bref, Jack London, photographe permet de redécouvrir l’écrivain sous un autre jour: celui de photographe. Comme le dit le 4e de couverture, «on ignore souvent que cet aventurier des mers et des mots était également un photographe», et comme le disent les 200 photos, il n’était pas mauvais… A travers ses périples et ses casquettes (chasseur de phoques, aventurier, correspondant de guerre …), il gardait avec lui un Kodak A3 à soufflet, qui captura des milliers d’images du monde. Jeanne Campbell Reesman et Sara S. Hodson (spécialistes de London) et Philip Adam (spécialiste d’archives photo), en ont sélectionnées 200 pour l’ouvrage.

ref=dp_image_0-2.jpegPS: Sinon, vous pouvez aussi rappeler à Maud que la Nature, ça va bien, grâce à Baudelaire (qui écrivait dans «Rêve Parisien»: «Le sommeil est plein de miracles! / Par un caprice singulier / J'avais banni de ces spectacles / Le végétal irrégulier». Un mec bien quoi). Deux ouvrages sortent sur Baudelaire: l'un est un recueil d'essais brillants d'Yves Bonnefoy Sous le signe de Baudelaire. L'autre un seul essai, de Roberto Calasso. Le Nouvel Obs dit de cet essai que c'est «un grand livre. Il remue la vase des souvenirs et des certitudes, redessine le paysage autrement. Calasso sait tout, a tout lu, vu, retenu et compris; avec cela intelligent comme le diable. Alors il tricote un maillage serré d'analyses, d'anecdotes, de petites phrases qui n'ont l'air de rien, mais se révèlent cruciales, de digressions lentes et minutieuses». Voilà, pareil.

 

Pour les cinéphiles

Si vous avez des amis cinéphiles, présentez-leur Jordan Mintzer, correspondant du Hollywood Reporter, par l'intermédiaire d'un très beau livre. Ce chanceux-là a pu s'entretenir avec Francis Ford Coppola, Mark Wahlberg, James Caan ou Eva Mendes, pour leur parler - entre autres - de James Gray. Et consacrer au réalisateur de Little Odessa ou de La nuit nous appartient un ouvrage de 235 pages publié aux Editions Synecdoche. La couverture grise aurait pu être élégante, à l'image des films de Gray, elle est triste, ne faites pas attention, ce sera la seule déception. L'intérieur est foisonnant. Des notes, des photos, des dessins. De documents de travail du réalisateur. Une porte ouverte sur l'univers du cinéaste si raffiné, son exploration du désir, sa direction d'acteurs... Et puis une porte ouverte sur le cinéma en général, allons-y gaiement. 

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Pour les lupinistes


Les Anglais ont Sherlock Holmes, nous avons Arsène Lupin. Si le succès du second n’a jamais valu celui du premier, il est néanmoins suffisant pour fédérer une communauté: celle des lupinistes. (Ne dites pas qu’ils sont rares: ils ont un mot pour les décrire. Et des blogs aussi pour se réunir).

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Si vous avez une sœur lupiniste, qui vous a forcée à voir toutes les adaptations ciné, vous pouvez lui offrir Les Aventures extraordinaires d’Arsène Lupin de Maurice Leblanc, qui sortent chez JC Gawsevitch. Ce recueil présente vingt nouvelles géniales, assorties des illustrations de l’époque – 1905 à 1911, années pendant lesquelles l’auteur les publie dans différents numéros de la revue Je Sais tout. Surtout, ces nouvelles sont inédites. Lorsqu’elles sortent, à compter de 1905, elles ne sont pas destinées à être publiées en livre. Mais lorsqu’elles le sont, Maurice effectue un petit remaniement. Personne donc, hormis les détenteurs des revues, n’a lu ces nouvelles sous leurs formes. Ces histoires, publiées avec l’aval de la petite-fille de Maurice Leblanc, Florence, fêtent opportunément l’anniversaire de Maurice, mort il y a 70 ans.


Pour les fous de dessins animés

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Le quatrième de couverture dit: «Pixar s’est imposé comme un géant du divertissement mondial, transformant chacun de ses personnages en icônes de la culture pop mondiale connues de tous. De Toy Story 1 à Cars 2, en passant par Ratatouille». En vrai on s’en fout, d’autant plus que Pixar 25 ans d'art et d'animation, n’explique absolument pas comment ce sont devenus des icônes, ni pourquoi Pixar… En revanche, ce livre est une merveille esthétique, qui reprend les dessins et les story-boards des dessins-animés. Vous voyez sous vos yeux prendre forme Carl Fredricksen, le petit vieux de Là-Haut, ou le Rémy rat gourmet de Ratatouille. Et ne dites pas que c’est que pour les enfants – mais si vous voulez l’offrir à votre petit-frère, pas si petit, mais qui se comporte toujours comme tel, et qui dit que lire c’est chiant, il ne sera pas embêté par les textes, il n’y en a pas. 



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