Avertir le modérateur

07/03/2011

Ok, rien à voir avec la littérature

Quoique.

VerticalR.jpg


Je suis allée voir le spectacle du chorégraphe Akram Khan, Vertical Road. Je l'ai vu une première fois à Rome, puis à Paris où il se joue cette semaine, au Théâtre de la Ville. Depuis je n'arrête pas d'y penser.

Le spectacle commence. La scène est divisée en deux. Une toile tendue du plafond au sol laisse transparaître un peu plus que des ombres. Derrière la toile, un danseur. Devant, les sept autres. Peu à peu, le danseur isolé les rejoint, et semble les manipuler, il commande leurs mouvements - quand il y parvient.

Ces corps racontent absolument ce que vous voulez leur faire dire. J’ai rencontré Akram Khan qui m’a dit «mon interprétation n’a pas d’importance, je veux que les gens y mettent leurs histoires. C’est comme regarder une bande dessinée, mais dans laquelle les bulles seraient vides». Comme ça le spectateur peut remplir les bulles lui même.

Ce n’est pas très différent de ce que dit Proust, quand il écrit dans Sur la lecture, à propos de la littérature: «Nous sentons très bien que notre sagesse commence là où celle de l’auteur finit, et nous voudrions qu’il nous donnât des réponses, quand tout ce qu’il peut faire est de nous donner des désirs». Puis: «peut-être que nous ne pouvons recevoir la vérité de personne et que nous devons la créer nous-mêmes». Akram Khan explique que la vérité n’existe pour lui que dans la danse. «Le reste du temps, je mens tout le temps» sourit-il.

Je ne vous conseille pas d’aller voir son spectacle cette fois-ci puisqu’il n’y a plus de place à Paris, mais vous le saurez pour la prochaine fois, c’est merveilleux.

 

L'interview d'Akram Khan ici. On a même parlé de Black Swan et de Bollywood.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu